Vice caché

Expert vice caché : prouver le défaut après l'achat

Définition

Expert en bâtiment qui démontre qu'un défaut découvert après l'achat était caché, antérieur à la vente et suffisamment grave pour ouvrir un recours.

Un vice caché est un défaut non apparent au moment de l'achat, antérieur à la vente et assez grave pour que l'acheteur, s'il l'avait connu, n'aurait pas acheté ou aurait payé moins cher (article 1641 du Code civil). Le rôle de l'expert vice caché est de transformer un soupçon en preuve : établir techniquement que le défaut existait avant la vente, qu'il était réellement indécelable, et en chiffrer les conséquences. Sans cette démonstration, le recours a peu de chances d'aboutir.

Les trois conditions à prouver

Le vice caché n'ouvre un droit que si trois conditions sont réunies : le défaut est caché (invisible pour un acheteur normalement attentif), antérieur à la vente, et suffisamment grave. Chacune est un point de bataille. L'expert documente l'ancienneté du désordre (traces, sondages, datation des matériaux), démontre qu'il n'était pas visible lors des visites, et évalue son impact sur l'usage du bien. C'est un travail de causalité et de chronologie, pas un simple constat.

Le délai de deux ans

L'action en garantie des vices cachés doit être engagée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Ce délai est court et sa computation prête à discussion : d'où l'intérêt de faire dater le désordre par un expert et d'agir vite. Le cadre est détaillé sur service-public.fr.

Deux recours possibles

Une fois le vice établi, l'acheteur choisit entre deux actions : l'action rédhibitoire (annulation de la vente, restitution du prix contre restitution du bien) et l'action estimatoire (conservation du bien avec réduction du prix). Le rapport de l'expert, en chiffrant le coût des reprises, éclaire ce choix. Voir notre guide des recours pour vice caché et l'article vice caché découvert après achat : la procédure.

Questions fréquentes

Une fissure ou une infiltration peut-elle être un vice caché ?

Oui, si elle était invisible à l'achat, antérieure à la vente et suffisamment grave. Une fissure structurelle masquée par un enduit récent en est un exemple typique.

Le vendeur particulier est-il aussi concerné ?

Oui, la garantie des vices cachés s'applique aussi entre particuliers, sauf clause d'exclusion valable — laquelle ne joue pas si le vendeur connaissait le vice.

Puis-je agir sans expert ?

C'est très risqué. La charge de la preuve pèse sur l'acheteur : sans rapport technique établissant l'antériorité et le caractère caché, l'action a de fortes chances d'échouer.