La maison livrée ne correspond pas au plan signé

Rien n'est fissuré, rien ne fuit, tout tient debout. Et pourtant la chambre fait trente centimètres de moins que sur le plan, deux volets sont manuels alors que la notice les annonçait motorisés, et le garage est livré brut. Ce n'est pas une malfaçon : c'est une non-conformité, et elle se prouve autrement.

Maison individuelle neuve tout juste achevée, terrain encore en terre nue et films de protection sur les fenêtres
En bref

Vous n'avez rien à prouver sur la qualité, seulement sur l'écart

Dans un contrat de construction de maison individuelle, livrer conforme au plan et à la notice descriptive est une obligation de résultat. Vous n'avez donc pas à démontrer qu'un ouvrage est mal fait : il suffit de poser le document contractuel à côté de ce qui est réellement posé et de chiffrer la différence. Deux leviers rendent ce dossier plus favorable que la plupart des litiges de construction : les réserves écrites au procès-verbal de réception, et le solde de 5 % du prix, qui se consigne au lieu d'être versé tant que les réserves ne sont pas levées.

Pièces du contrat Ce qui vous a été montré n'engage personne ; ce qui a été signé engage tout.

Le contrat, ce n'est pas la maison témoin

La première difficulté de ces dossiers est presque toujours documentaire. Le maître d'ouvrage se souvient d'une visite de modèle, d'une perspective en couleurs, d'une promesse orale du commercial. Rien de tout cela n'a de valeur. Ce qui a une valeur, c'est un ensemble de pièces signées, annexées au contrat, et dont beaucoup de particuliers ignorent qu'ils les possèdent déjà dans leur dossier.

Les quatre pièces qui décrivent la maison que vous avez achetée

P1 Les plans cotés annexés au contrat Plans de niveau, façades et coupes, avec les cotes intérieures. Ce sont eux, et non le dépliant commercial, qui fixent les dimensions dues. Vérifiez qu'ils sont bien paraphés : un plan non annexé se conteste.
P2 La notice descriptive Le document le plus utile et le moins lu. Il liste poste par poste les matériaux, les marques ou gammes, les équipements inclus et ceux laissés à votre charge, avec un chiffrage des travaux réservés. C'est la pièce sur laquelle se gagne la majorité des dossiers de prestation.
P3 La notice d'information Document réglementaire remis avec le contrat, qui rappelle vos droits : garanties obligatoires, échéancier de paiement, modalités de réception. Elle sert à démontrer que vous étiez censé être informé, mais aussi à opposer au constructeur le cadre qu'il a lui-même remis.
P4 Les avenants et les modificatifs signés Chaque changement accepté en cours de chantier doit figurer dans un avenant écrit et signé des deux parties. Un changement décidé sur le chantier, sans avenant, reste une non-conformité au contrat d'origine, même si vous étiez présent ce jour-là.

Avant toute discussion, rassemblez ces quatre pièces et numérotez-les. La suite du dossier consiste à confronter chacune d'elles au bâti. C'est également la trame que suit un expert lorsqu'il est appelé en assistance à réception de travaux : il ne visite pas la maison, il lit les pièces puis vérifie le bâti ligne par ligne.

C. civ. art. 1231-1 Le débiteur est tenu de ce qu'il a promis, indépendamment de la qualité de son travail.

Non-conformité et malfaçon ne se plaident pas de la même façon

La confusion entre les deux notions coûte des mois de procédure. Une malfaçon est un ouvrage mal exécuté : le carrelage se décolle, l'enduit fissure, l'eau entre. Il faut alors démontrer le défaut d'exécution, souvent contre l'avis de l'entreprise, parfois avec des sondages. C'est le terrain classique de la malfaçon en CCMI et de la garantie de parfait achèvement.

Une non-conformité est tout autre chose : l'ouvrage peut être irréprochable, il est simplement différent de ce qui a été commandé. Une chambre de 11,4 m² au lieu de 12 m² est parfaitement construite, et parfaitement non conforme. La démonstration se fait avec un mètre et un document, pas avec une expertise technique lourde. C'est ce qui rend ces dossiers rapides quand ils sont bien montés.

Cette différence a une conséquence directe sur la stratégie : dans une non-conformité, le constructeur ne peut pas se défendre en disant que l'ouvrage est solide, durable, ou conforme aux règles de l'art. Ces arguments sont hors sujet. Il ne lui reste que trois lignes de défense possibles : soutenir que la pièce contractuelle ne dit pas ce que vous lui faites dire, invoquer une clause d'équivalence, ou produire un avenant que vous auriez signé.

Ce que la non-conformité n'est pas

Deux voisinages fréquents méritent d'être écartés tout de suite. Le premier est l'erreur de surface au sens de la loi Carrez : elle concerne la vente d'un lot de copropriété existant, avec son mécanisme propre de réduction du prix, et n'a rien à voir avec un contrat de construction. Le second est le litige avec un promoteur en vente en l'état futur d'achèvement : le régime de la VEFA obéit à d'autres textes, avec une livraison qui n'est pas une réception au sens du CCMI. Si votre contrat porte le titre « contrat de construction d'une maison individuelle avec fourniture de plan », c'est bien cet article qui vous concerne.

De la même manière, un retard de livraison relève d'un mécanisme distinct, celui des pénalités de retard prévues au contrat, et une interruption définitive du chantier bascule vers l'abandon de chantier. Ces trois griefs peuvent parfaitement coexister dans le même dossier, mais ils se chiffrent séparément.

Relevé contradictoire Un écart qui n'est pas mesuré au bon endroit se retourne contre celui qui l'invoque.

Superposer le plan et le relevé

La preuve d'un écart dimensionnel tient en une opération : relever les cotes réelles, puis les placer sur le plan contractuel. La méthode compte autant que le résultat. On mesure entre nus de murs finis, à un mètre du sol, en deux points par pièce pour détecter un défaut d'équerrage, et l'on note systématiquement le point de départ de la mesure. Un télémètre laser suffit ; un mètre ruban tendu convient à condition d'être tenu à l'horizontale sur toute la longueur.

Mètre ruban tendu d'un mur à l'autre dans une pièce vide d'une maison neuve
Le relevé se fait entre nus de murs finis : une cloison doublée d'un isolant fait perdre plusieurs centimètres par rapport à la cote brute portée sur certains plans.

Le plan contractuel et le relevé, sur le même calque

Rez-de-chaussée · cotes intérieures entre nus finis

séjour chambre 1 chambre 2 9,80 m au plan 9,48 m relevé − 32 cm
  • contour porté au plan contractuel
  • contour relevé sur place

Le dessin ci-dessus correspond à un cas courant : la façade arrière a été implantée en retrait, ce qui retire trente-deux centimètres de profondeur à toutes les pièces situées derrière. Personne ne l'a vu pendant le chantier, parce qu'une pièce vide paraît toujours grande. L'écart ne devient visible qu'une fois le mobilier prévu impossible à installer. Sur une maison de 112 m² annoncés, le relevé donne alors 108,4 m², soit 3,2 % de moins.

Comment se lit un écart de surface habitable

0 à 1 % 1 à 5 % au-delà de 5 %
1 %5 %10 %
  • 0 – 1 %L'écart entre dans les tolérances d'exécution du gros œuvre, de l'ordre du centimètre sur une pièce. Il se conteste difficilement seul, sauf s'il s'ajoute à d'autres griefs.
  • 1 – 5 %La non-conformité est caractérisée. Elle s'indemnise par équivalent, en appliquant le prix du mètre carré du contrat aux mètres carrés manquants, éventuellement majoré du préjudice de jouissance.
  • > 5 %L'écart devient assez lourd pour discuter d'autre chose que d'argent : mise en conformité si elle reste techniquement possible, et dans les cas extrêmes résolution du contrat.

Ces repères décrivent ce qui se plaide, pas un barème. Il n'existe aucune tolérance légale de surface en contrat de construction de maison individuelle : la règle du vingtième que l'on entend souvent citer vient de l'article 1619 du Code civil et vise la vente d'immeuble, pas la construction.

Un cas voisin mérite d'être signalé, car il se découvre en même temps que le reste : lorsque la maison n'est pas seulement plus petite mais mal placée sur le terrain, on ne discute plus de surface mais d'erreur d'implantation, avec un risque d'empiètement. Le relevé se fait alors par un géomètre-expert et le dossier change d'échelle.

Notice descriptive Chaque ligne est une obligation chiffrable, y compris celles qu'on ne regarde jamais.

Reprendre la notice ligne par ligne

C'est le travail le plus rentable et le plus fastidieux. Il consiste à ouvrir la notice descriptive, à traiter chaque poste comme une ligne comptable, et à noter en face ce qui a réellement été posé. Les postes les plus souvent dégradés sont toujours les mêmes : revêtements de sol, menuiseries et volets, équipements du garage et des annexes, appareillage électrique, hauteur sous plafond.

Intérieur d'un garage neuf au sol de béton brut, avec des gaines électriques laissées en attente sur le mur
Le garage concentre les prestations oubliées : sol laissé brut, gaines posées mais non raccordées, cloison non finie. Ce sont des lignes de la notice, donc des sommes dues.

Registre de confrontation notice / exécution

Prévu à la notice descriptiveRéellement posé
Carrelage grès cérame 60 × 60, gamme désignée, dans toutes les pièces de vie.
Carrelage 45 × 45 d'une gamme d'entrée de série, posé au séjour et à la cuisine.
Écart : format et gamme inférieurs. Moins-value à chiffrer sur la différence de prix fournisseur, surface par surface.
Garage : dallage lissé, un point lumineux, une prise 16 A, porte sectionnelle motorisée.
Dallage brut avec joints de sciage apparents, deux gaines en attente non raccordées, porte non motorisée.
Écart : trois prestations non exécutées. Chiffrage par devis d'entreprise, pas par estimation.
Menuiseries PVC blanc, volets roulants motorisés à toutes les ouvertures.
Volets roulants manuels à sangle sur deux fenêtres de l'étage.
Écart : prestation dégradée sur 2 ouvertures. Coût de mise en conformité, motorisation comprise.
Hauteur sous plafond de 2,50 m au rez-de-chaussée.
2,44 m relevés au séjour, en trois points, sol fini au plafond fini.
Écart : − 6 cm, très au-delà des tolérances d'exécution. Non-conformité non réparable, indemnisation.

La clause d'équivalence, et ses limites

La plupart des notices comportent une réserve permettant de remplacer un produit indisponible par un produit « de qualité équivalente ». Cette clause est valable, mais elle ne fait pas ce que les constructeurs lui font dire. L'équivalence s'apprécie sur les caractéristiques techniques et sur le prix. Un produit moins cher n'est pas équivalent, même s'il remplit la même fonction. La méthode qui fonctionne consiste à demander par écrit les deux fiches techniques et le prix d'achat des deux produits : si la substitution a généré une économie pour le constructeur, l'équivalence tombe et la moins-value est due.

Le même raisonnement vaut pour les travaux que vous vous étiez réservés. La notice les chiffre obligatoirement : si le constructeur les a finalement exécutés, ou s'il prétend l'inverse, ce chiffrage sert de référence et évite toute discussion sur les montants.

CCH art. R. 231-7 Les 5 % restants ne sont pas un solde : ce sont votre seul moyen de pression.

Le levier des 5 %, à ne pas manquer le jour de la réception

Le contrat de construction de maison individuelle encadre strictement l'échelonnement des paiements. Le constructeur ne peut appeler les fonds qu'aux étapes prévues et dans les plafonds fixés par l'article R. 231-7 du Code de la construction et de l'habitation. La dernière tranche est celle qui vous intéresse : elle ne se verse qu'à la remise des clés, et elle se consigne si vous émettez des réserves.

Où passe l'argent, et ce qui reste de votre côté à la fin

  • 15 %à l'ouverture du chantier
  • 25 %à l'achèvement des fondations
  • 40 %à l'achèvement des murs
  • 60 %à la mise hors d'eau
  • 75 %cloisons posées et mise hors d'air
  • 95 %équipements, plomberie, menuiserie, chauffage
  • 5 %solde à la remise des clés, consignable en cas de réserves

Sur une maison à 260 000 euros, ces derniers 5 % représentent 13 000 euros. C'est très exactement le montant qui vous permet de discuter d'égal à égal, et c'est aussi la somme que beaucoup de maîtres d'ouvrage versent le jour même, par soulagement ou par méconnaissance, en perdant leur seul moyen de pression. La règle à retenir tient en une phrase : on n'attend pas que les réserves soient levées pour prendre les clés, on prend les clés et on consigne le solde chez un consignataire jusqu'à la levée.

Encore faut-il que les réserves existent. Elles se portent sur le procès-verbal, le jour même, par écrit, poste par poste, en termes vérifiables. « Finitions à revoir » ne vaut rien ; « volets roulants manuels sur les fenêtres des chambres 1 et 2, alors que la notice descriptive page 7 prévoit une motorisation à toutes les ouvertures » vaut un chiffrage. La logique et la formulation des réserves à la réception sont détaillées à part, et elles s'appliquent ici mot pour mot.

Si vous n'étiez pas assisté d'un professionnel ce jour-là, le Code vous laisse encore huit jours pour dénoncer par lettre recommandée les vices apparents que vous n'aviez pas relevés. Ce délai est bref et il ne se rattrape pas : c'est la raison pour laquelle une présence d'expert le jour de la réception change souvent le rapport de force à elle seule.

C. civ. art. 1792-6 Un an pour tout ce qui a été réservé, dix ans pour ce qui rend la maison inhabitable.

Ce qui reste ouvert après la signature du procès-verbal

La réception des travaux n'est pas la fin du dossier, contrairement à ce que laisse croire le climat un peu solennel de la remise des clés. Trois régimes se superposent ensuite, et ils ne couvrent pas la même chose.

La garantie de parfait achèvement court pendant un an et couvre l'ensemble des réserves inscrites au procès-verbal ainsi que les désordres signalés durant l'année. C'est elle qui oblige le constructeur à revenir. La garantie de bon fonctionnement couvre deux ans les équipements dissociables, ce qui inclut par exemple un volet roulant ou un appareillage. La garantie décennale couvre dix ans ce qui compromet la solidité ou rend la maison impropre à sa destination.

Une non-conformité pure, elle, n'entre dans aucune de ces trois cases lorsqu'elle ne provoque aucun désordre : une hauteur sous plafond insuffisante ne casse rien et n'empêche pas d'habiter. Elle se traite sur le terrain contractuel, celui de l'inexécution, avec un délai de prescription bien plus confortable. C'est une bonne nouvelle pour les écarts découverts tardivement, à condition d'avoir conservé les pièces et un relevé daté.

Quand le constructeur cesse de répondre après la réception, le levier redevient financier. Si le solde n'a pas encore été versé, la position est solide. S'il l'a été, il reste la voie de la mise en demeure puis du référé expertise, et il faut alors accepter que la démonstration se refasse devant un expert désigné. C'est aussi la logique qui gouverne le refus de payer un solde sur des travaux contestés : ne jamais lâcher l'argent avant d'avoir écrit ce qui ne va pas.

Trois issues Mise en conformité, indemnisation, résolution : dans cet ordre, et rarement au-delà de la deuxième.

Ce que vous pouvez réellement obtenir

La première issue est la mise en conformité. Elle s'impose quand elle reste techniquement possible et proportionnée : motoriser deux volets, poser le carrelage prévu, finir le garage. C'est ce qu'il faut demander en premier, par écrit, avec un délai. Un constructeur préfère souvent exécuter que payer, et le dossier se referme en quelques semaines.

La deuxième est l'indemnisation par équivalent. Elle prend le relais quand la remise en conformité est disproportionnée ou impossible : on ne rehausse pas un plafond, on ne déplace pas une façade. Le calcul se fait alors sur la valeur de ce qui manque, prix du contrat à l'appui pour les surfaces, devis d'entreprise à l'appui pour les prestations. Le préjudice de jouissance vient s'y ajouter quand il est démontré, par exemple si une pièce ne peut plus recevoir l'usage prévu.

La troisième, la résolution du contrat, existe mais reste exceptionnelle. Elle suppose un manquement d'une gravité telle que la maison ne correspond plus à ce qui a été commandé, ce qu'un tribunal n'admet que dans des cas lourds. La citer dans un courrier n'a d'intérêt que si le dossier la justifie vraiment ; brandie à tort, elle décrédibilise le reste.

Dans les trois cas, la valeur du dossier tient à la même chose : un relevé daté, des pièces contractuelles numérotées, des réserves écrites en termes vérifiables, et un chiffrage appuyé sur des devis. Une expertise amiable contradictoire permet souvent de figer ces éléments avec le constructeur présent, ce qui évite d'aller plus loin. Lorsque le blocage persiste, le même dossier sert directement de base au travail de l'expert judiciaire, sans rien avoir à reconstituer.

Questions fréquentes

Ce qu'on nous demande le plus souvent

Une non-conformité au plan est-elle une malfaçon ?

Non, et la distinction change tout le dossier. Une malfaçon est un ouvrage mal exécuté : un carrelage qui se décolle, une fissure, une infiltration. Une non-conformité est un ouvrage correctement exécuté, mais différent de ce qui a été commandé : une pièce plus petite, un volet manuel au lieu d'un volet motorisé, un garage livré brut alors que la notice prévoyait un sol lissé. Vous n'avez donc rien à démontrer sur la qualité du travail, ce qui est beaucoup plus simple : il suffit de mettre le plan et la notice descriptive face à ce qui est posé. L'obligation du constructeur de livrer conforme est une obligation de résultat, et l'absence de désordre ne l'exonère pas.

Le constructeur peut-il remplacer une prestation par une prestation équivalente ?

Seulement si votre contrat le prévoit expressément, et seulement dans les limites de cette clause. Beaucoup de notices comportent une réserve du type « produit susceptible d'être remplacé par un produit de qualité équivalente en cas d'indisponibilité ». Cette clause n'autorise pas à descendre en gamme : l'équivalence s'apprécie sur les caractéristiques techniques et sur le prix, pas sur la fonction générale. Un carrelage 45 par 45 d'entrée de gamme n'équivaut pas à un grès cérame 60 par 60 nommément désigné. En pratique, on demande au constructeur la fiche technique des deux produits et son prix d'achat : si la substitution lui a fait gagner de l'argent, l'équivalence tombe et une moins-value est due.

Puis-je refuser de payer le solde de 5 % à la livraison ?

Vous ne le refusez pas, vous le consignez, ce qui est différent et c'est ce que prévoit le Code de la construction et de l'habitation. Si vous émettez des réserves sur le procès-verbal de réception, le solde de 5 % du prix n'est pas versé au constructeur mais déposé chez un consignataire, où il reste bloqué jusqu'à la levée des réserves. Refuser purement et simplement de payer, sans consignation, vous met en tort et expose à des pénalités de retard. Il faut donc écrire les réserves le jour même sur le procès-verbal, de manière précise et chiffrable, puis organiser la consignation immédiatement. Sur une maison à 260 000 euros, cela représente 13 000 euros qui restent de votre côté de la table.

Quel écart de surface habitable est réellement contestable ?

Il n'existe aucune tolérance légale de surface dans le contrat de construction de maison individuelle. La règle du vingtième, soit 5 %, que l'on entend souvent citer, vient de l'article 1619 du Code civil et concerne la vente d'un immeuble, pas la construction. En pratique, on distingue trois zones : en dessous de 1 %, l'écart relève des tolérances d'exécution du gros œuvre et se conteste difficilement ; entre 1 et 5 %, la non-conformité est caractérisée et s'indemnise par équivalent, sur la base du prix au mètre carré du contrat ; au-delà de 5 %, l'écart devient assez lourd pour discuter de la réfection, voire de la résolution du contrat. Ces repères ne sont pas un barème, ils décrivent ce qui se plaide.

J'ai signé le procès-verbal de réception sans réserve, tout est-il perdu ?

Non. Si vous n'étiez pas assisté d'un professionnel le jour de la réception, le Code de la construction et de l'habitation vous laisse huit jours pour dénoncer par lettre recommandée les vices apparents que vous n'aviez pas relevés. Ce délai est court et il court à compter de la réception : c'est le premier réflexe à avoir. Passé ce délai, la garantie de parfait achèvement couvre encore pendant un an tous les désordres et non-conformités signalés, et les écarts qui ne pouvaient pas se voir à l'œil nu, comme une hauteur sous plafond ou une surface, restent contestables sur le terrain contractuel, avec un délai bien plus long. Une réception signée sans réserve rend le dossier plus difficile, elle ne le ferme pas.

Interventions

Faire contrôler une maison neuve avant de signer

Relevé dimensionnel contradictoire, confrontation ligne par ligne à la notice descriptive, rédaction des réserves sur le procès-verbal et chiffrage des non-conformités : intervention sur l'ensemble de la région.